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     « Châteaux intĂ©rieurs »
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Expéditeur Conversation
reumond
Envoyé le :  17/8/2009 22:23
Plume de soie
Inscrit le: 11/4/2008
De: LIEGE
Envois: 108
« Châteaux intérieurs »

Comme il y a des « coffrets à bijoux », il y a des « maisons à mémoires »

Extrait de "Châteaux intérieurs"

De France en Belgique, de résidences en souvenirs, de la mer à la ville, du pavillon de banlieue au château abandonné, entre 1946 et l’an 2009, douze temps, douze chapitres correspondant aux douze adresses où l’auteur à résidé, mais plus encore douze lieux de « passage » où il a également été habité par ces lieux insolites, pleins de présences et de poésie.

Encore debout ou couchées tels des vestiges oubliés, de boue ou de bambous, les maisons sont sans âge, mais pas sans histoire et sans mémoire ; elles sont habitées, infestées parfois, remplies de souvenirs, de sons comme des pleurs et de cris, des voix d’hommes et de femmes, de pleurs et de colères, de rires et de jeux des enfants et le soir venu quand se couche le soleil, de prières récitées au pied du lit et de contes lus à la frontière des oreillers, avant que le rêve lui-même ne vienne habité de ses torpeurs la maison que nous sommes.
Elles sont pleines d’images de naissances et de fin de vie, de rencontres, de moments tendres ou cruels, de repas convivial, de secrets de famille que seules les briques entendent et restituent au fil du temps, surtout quand on sait écouter les bruissements de la pierre, paroles de briquaillons, à mots cailloux et plus encore, quand on peut discerner les gémissements des courants d’air entre les murs des espaces intemporels, dans les joints des fenêtres entrouvertes et les jointures des portes baillées, là où partent avec les énergies du jour les fantômes de la nuit (…)
Car les ciments et les plâtres parlent une langue étrange, éteinte comme l’âtre où l’on a brûlé une dernière lettre d’amour. Une langue que le béton ignore, peut-être une langue morte au faîte de la bêtise humaine. Langage des espaces murés que seuls les grands médiums et les poètes savent encore entendre dans les échos grinçants des meubles servants de guéridon.
Comme les fils tendus au bord des fenêtres disent la vie si ténue, presque imperceptible de l’araignée qui s’y tisse comme un chemin d’oubli, les maisons de papier, fragiles et dérisoires se perdent dans le temps des maisons, un temps où les pendules sonnent l’heure du drame ou de la comédie.
Il en est de même des cabanes romantiques au clair de lune, ou de celles qui se vident de vie au fin fond des steppes arides, des déserts sans espoir et des forêts vierges les plus reculées, où l’homme projette de construire dans les dix ans à venir, un hypermarché pour vendre en contrainte-service des technologies toujours nouvelles et des idées sous cellophane.
De la première cabane habitée par l’homo casa jusqu’à notre dernière demeure, ad vitam æternam, l’homme a toujours été habité par l’habitation, on nomme ça l’incarnation.
Ainsi, il peut même habiter et habiller ses peurs et ses ennuis, se barricader ou s’ouvrir, sortir par une porte dérobée, habiter sa vie comme on loge son corps, comme on héberge ses angoisses, couchant ses désirs et ses envies d’impossibles habitations.
(…)
L’enfant, quant à lui, se contente d’un drap jeté au vent, de couvertures étalées de chaises en fauteuils, de boites de carton découpées, de coffres ou de placard, ou du fond d’une armoire. Où bien, l’enfant se cache derrière le sofa et le tour et joué, l’instant est magique, pour entrer « dans l’entre », dans « l’antre aux enfants » où il ne reste plus qu’a attendre l’inconnu, ressentir l’imprévu, avec un peu de crainte au ventre.
L’enfant à toujours construit des cabanes, dans la terre ou dans les arbres, depuis toujours, de par le monde, tous les enfants font des cabanes tout comme les poètes qui sont infestés de mots, se font des cabanes de poèmes et s’habillent de métaphores tant ils sont habités de Verbe.

(…) Contre-mots, contremarches, monter toujours cet escalier qui n’a pas de fin en soi, il n’est qu’une seule marche avec quelques balustres jetés en paliers, plantés là sans prendre racine, une rampe pour soutenir la main, quelques paliers de repos pour reposer le pied au quartier des tournants ; une main courante qui n’arrête jamais le temps. C’est l’escalier en double hélice d’A.D.N., l’escalier des saints, l’échelle de Jacob.
Loin devant moi, le pilastre qui marque les étapes; loin derrière moi, la rampe au quai d’impossibles escaliers, paliers de papier où reposer les mots.
Dur, de monter sans voir le versant, à flanc de point de côté, dépasser l’enfant pour gravir l’homme, enjamber les épreuves pour avoir la preuve que l’escalier ne débouche pas sur le cauchemar, pour s’élever toujours si haut que chavire les cœurs.
Une porte-fenêtre, une fenêtre sans porte, c’est toujours une question d’embrassure. D’embrasser la vie de plain-pied, les marches s’usent et m’usent.
Lucarnes rampantes ou tabatières, c’est toujours une question de cœur ouvert, c’est toujours une question à cœur ouvert : vasistas ?
Qu'est-ce que c'est qu’un homme qui monte en haut de pléonasme en plaies aux mains, stigmates d’écriture ou de crucifixion ? C’est l’éternelle question posée à guichet fermé, au travers des murs épais, comme un brouillard aux murs qui respirent les années.
L’œil est un vantail qui s'ouvre comme une porte ou une fenêtre, à chaque étage, de prise de conscience en prise de courant, seuil ou entresol, de vieux parquets usés comme moquettes de néant. (…)


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La Mèr est cet espace sémantique, public (La Mer offerte à tous les regards) et Privé (La Mère, Matrice originelle, porteuse de toute grâce), entre Ciel et Terre, lieu symbolique et sacré, Lieu de tous les manques et de tous les espoirs.

PAPILLON94
Envoyé le :  17/8/2009 22:29
Plume de platine
Inscrit le: 2/5/2009
De:
Envois: 2419
Re: « Châteaux intérieurs »
bonsoir

dans vos murs murs .....moi qui habite une maison de paille ..(ou est le grand méchant loup)
j'ai beaucoup aimé votre écrit ....une belle analyse

mĂŞme l'informatique est Ă  base de portes et de fenĂŞtres....(Windows..Bill Gates) comme quoi on n'en sort pas ......

un grand bravo et au plaisir de vous relire

amicalement


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